Portraits des Fondateurs

Claude Namy né en 1935 à Thionville en Lorraine au cœur d’une famille nombreuse. Son père, nommé Max Namy, polytechnicien et Docteur en Droit, est Directeur Général Adjoint de l’électricité de France. Sa mère, dénommée Marguerite Moreau, de son nom de jeune fille, est mère au foyer, celle-ci est issue de l’une des plus grandes familles de brasseurs, la dynastie des Moreau à Vézelise, fondateurs de la célèbre et somptueuse brasserie de Nancy L’Excelsior et ces derniers font appel aux artistes renommés de l’Ecole de Nancy : Victor Prouvé, Jean-Emile Ruhlmann. Claude Namy grandit au cœur d’une famille nombreuse de sept enfants, six garçons et une fille. Après un passage fugace à Marseille, il vit son enfance et son adolescence au cœur de Paris.

Claude Namy demeure un extraterrestre, un personnage hors-norme. Magnifique brun au regard bleu, il rayonne, doté d’une beauté cinématographique, d’acteur, rare et fulgurante. Homme de réflexion, d’une vive intelligence, son désir d’apprendre, de connaissances, le nourrisse et l’enrichisse d’une érudition manifeste. Aussi, artiste, aventurier, homme de passions, il connaît mille et une vies. 

Clarinettiste de jazz, dans sa jeunesse, il fonde une boîte de jazz à Paris et il rencontre Boris Vian ainsi qu’Henri Salvador. Après son Baccalauréat, il se spécialise et choisit Math Sup. Et il se dirige vers les études de la Marine Marchande, en 1967, il sera diplômé Capitaine au long cours. L’année 1962, durant la fin de la Guerre d’Algérie, il intègre un bâtiment de débarquements de chars. Cette même année, il s’engage dans une compagnie fruitière pour la Marine Marchande. En 1963, il est Lieutenant à la Compagnie Générale Transatlantique puis Second Capitaine à la Compagnie d’Armement Maritime. Ses missions le conduisent à effectuer mille fois le tour du monde.

Aussi, l’année 1967, il est nommé Directeur du port de Kourou en Guyane, il figure parmi les pionniers du Centre National d’Etudes Spatiales, lors de la grande aventure spatiale des premiers essais de lancements de la fusée Ariane, il est aussi désigné Chef des pièces de fusées. En octobre 1969, il est nommé Chef du Département Marine-Approvisionnement par le Centre National d’Etudes Spatiales, il dirige alors 49 personnes. Puis, en 1972, il est muté en tant qu’ingénieur, responsable de la Section Moyens Généraux et Transports, au Centre National d’Etudes Spatiales de Brétigny-sur-Orge dont il donne sa démission en 1973, préférant la vie guyanaise. 

Et depuis sa jeunesse, il entretient une relation privilégiée avec son père, partageant avec ce dernier une vive communion pour l’Histoire de l’Art, parcourant les musées et adulte, il ne cesse de cultiver celle-ci, il est passionné des Maîtres anciens et plus particulièrement autour de sa terre natale de Lorraine, il chérit l’artiste Georges de la Tour, aussi, il est collectionneur. Et en 1968, lors d’une balade prédestinée, du Musée du Louvre à Saint-Germain-des-Prés, quartier des galeries, sans connaître ni l’œuvre ni même le nom de Marcel-Lenoir, Claude Namy est hypnotisé aux vitrines de la Galerie Marcel-Lenoir devant une œuvre du Maître, un dessin ésotérique : il reçoit un coup de foudre, acquiert ladite œuvre et rencontre la veuve de l’artiste Madeleine, fondatrice de la galerie. Et cette rencontre prophétique signe le début d’une longue histoire d’amour passionnel avec Marcel-Lenoir. Aussi, l’année 1974, il rachète la Galerie ainsi qu’une importante sélection d’œuvres de l’artiste, évitant que cette dernière ne soit dispersée hors de France aux quatre coins du monde et celle-ci le nomme légataire universel et lui confie la destinée du Maître. Dès lors, il s’impose en tant que collectionneur de Marcel-Lenoir et il est l’initiateur de sa redécouverte. Alors, Claude Namy devient marchand d’art, il préside la Galerie Marcel-Lenoir dit aussi Galerie Claude Namy, à Paris au cœur du quartier rêvé et mythique de Saint-Germain-des-Prés et il orchestre pendant un peu plus d’une dizaine d’années des expositions d’Art Contemporain, honorant différents artistes vivants, multinationales et même japonais. Et le premier artiste qu’il tient à célébrer se nomme évidemment Alain Laborde, son ami et son coup de cœur de jeunesse et de toujours. Et ainsi que le souligne la célèbre critique d’art Janine Warnod : Claude Namy rajeunit les cimaises de la Galerie Marcel-Lenoir. Aussi, à la galerie, parmi une multitude de personnalités fidèles, Claude Namy se lie d’une grande amitié avec Serge Reggiani, adorateur de l’œuvre de Marcel-Lenoir, sous les bulles de champagne. À la vente de la galerie, Claude Namy proclame la fin d’une époque : celle de la « Race des Seigneurs ». Entretemps, le 16 décembre 1978, il acquiert l’écrin rêvé du Château de Montricoux afin d’y fonder le Musée(s) Château de Montricoux et notamment le Musée Marcel-Lenoir en 1983. Aussi, au musée, comme à la galerie, de sa flamme, de son panache, il rayonne et il marque les visiteurs, éternellement. Lors de ses obsèques, Claude Namy est accompagné par la musique de son vieil ami Irakli, immense trompettiste et plus grand biographe de Louis Armstrong, You never walk alone ! Tu ne seras jamais seul ! Une musique afin de l’accompagner lors de son dernier voyage, selon la tradition des Rois du Jazz, qu’il demeure jusqu’à son dernier souffle.

Et France Namy, son épouse, de sa beauté, de son allure, ancienne infirmière de bloc opératoire, passionnée également, ayant suivi les cours d’Histoire de l’Art du Louvre en auditeur libre, d’une connaissance aussi érudite qu’inaccoutumée, de la galerie au musée, le suivra le long de toutes ses aventures hors du commun.